Cher-es ami-es,
Vous avez peut-être vu mon post sur Instagram – et vous avez été nombreux à me témoigner votre soutien.
Pour résumer: mon distributeur Makassar a fait faillite. Le distributeur, c’est celui qui envoie les livres aux librairies, se fait payer par elles, puis me reverse l’argent moins sa commission et celle de la librairie. Depuis 18 mois, je voyais bien qu’il était systématiquement en retard pour me payer… En conséquence, je ne pouvais plus payer de stagiaire, plus me payer moi-même, mais j’arrivais à peu près à maintenir le bateau à flot.
Mais là, c’est officiel, il est en liquidation judiciaire : autrement dit, les 7 mois de factures qu’il me doit ne seront pas payés…
Je vous avoue que c’est un coup dur pour le moral : d’abord, voir son travail d’1/2 année partir en fumée, c’est dur, d’autant que mes ventes en librairie étaient plutôt bonnes – notamment Décoloniser les affects, pour lequel j’ai même relancé une 2e réimpression, 6 mois après sa sortie !
Coup dur aussi car c’est le distributeur qui héberge une bonne partie de mon stock de livres – ça a donc été une course contre la montre pour en récupérer le plus possible… Grâce à une belle solidarité brésilienne (majoritairement des femmes, Brazilian women power, yes!!!), on s’est mis en mode déménageuse et nous avons pu en sauver les 2/3, mais 1/3 de mon stock de livres semble, là aussi, définitivement perdu.
Je ne vous cache pas que le ciel semble me tomber sur la tête.
Que faire ? Arrêter l’aventure Anacaona ? J’ai l’impression de n’avoir fait que ça, depuis 16 ans… De ne savoir faire que ça…
J’ai finalement, en quelques jours, trouvé un autre distributeur, POLLEN. D’ici peu, les livres Anacaona seront de nouveau commandables en librairie.
Mais les conditions financières sont terribles : paiement à 90 jours fin de mois, grosse commission, frais sur les retours des invendus en librairie (et ils me facturent même tous les mois… des « frais de facturation », celle-là, c’est la meilleure !)…
Tout semble s’arranger au final, mais je crois que j’ai perdu 5 ans d’espérance de vie ces dernières semaines, tellement le stress était énorme!😖
Heureusement, je n’ai pas de dettes… (j’ai retenu les leçons de ma maman, « ne dépense jamais plus que tu n’as ! ») mais en toute transparence : je n’ai plus un rond !
Alors voilà, si vous avez des livres à acheter pour l’été, faites le en priorité sur le site Anacaona, ce qui me donne de la trésorerie immédiate.
Pour l’instant, je ne sais pas trop comment je vais m’en sortir, mais je tente de ne pas annuler les nouveautés de la rentrée.
Ça fait peur, cette impression d’être au bord du précipice… On verra bien ce que les éditions Anacaona deviennent, et ce que je deviens.
Assez parlé de moi – j’espère que de votre côté tout va bien et je vous souhaite un bel été !
Envoyez-moi des ondes positives si vous en avez en rab💝
A part pour envoyer les livres, je dé-con-necte totalement cet été💚
PS : et j’ai une pensée pour mes camarades des maisons d’éditions Rot-bot-krik, ou Shed publishing par exemple, aussi distribuées par Makassar. On est nombreuses à être affectées…
Au-delà des erreurs de gestion de Makassar, c’est aussi toute la diversité du monde du livre qui est menacée par la voracité des grands groupes qui ne laissent plus aucun espace à la pensée indépendante et militante…