Manifeste : Nous, les femmes de la périphérie

Manifeste des femmes de la périphérie

 

Nous sommes la majorité. Nous sommes la minorité. Pauvres, Noires, Blanches, banlieusardes, immigrées.

Nous sommes celle qui, après 8 heures de travail et 4 heures dans les transports publics – “Avancez vers le fond, s’vous plaît” – repasse le linge et s’occupe du bébé.

Celle qui, malgré cela, trouve encore du temps pour les loisirs. Le film à la télé, la musique, la danse, le livre, anesthésie, fait rêver, fait oublier.

Nous sommes celle qui enlève la serviette mouillée sur le lit, et ramène le verre dans la cuisine – “Le dîner est prêt ?”

Nous sommes la mère qui travaille pour que ses filles étudient. Nous sommes la fille qui va à l’université pour que sa mère retourne à l’école.

Nous sommes ouvrières, entrepreneuses, manucures, journalistes, couturières, chauffeurs, avocates.

Nous sommes épouses,  mères, sœurs, cousines, tantes, amies, voisines.

Nous sommes la fille qui ne peut pas jouer aux billes ou aux petites voitures.

Nous sommes la sœur qui s’occupe de ses petits frères et sœurs jusqu’à ce que sa mère rentre du travail. Et qui fait la vaisselle du déjeuner pendant que son frère va jouer au foot.

Nous sommes la jeune fille peu sûre d’elle qui a encore envie de jouer à la marelle, mais qui se fait belle pour en jeter au bal de fin d’année. Et qui danse super sensuellement.

Nous sommes celle qui fait tout ce que l’homme demande et veut – et entend “Allumeuse, pute, salope, grosse vache, traînée”.

Nous sommes celle qui ne peut pas marcher seule dans la rue le soir. Nous sommes celle qui ne peut pas fréquenter seule les boîtes de nuit et les bars.

Nous sommes celle qui ne peut pas simplement être amie avec quelqu’un du sexe opposé. Nous sommes celle qui est critiquée parce qu’elle n’est pas mariée.

Nous sommes celle montrée dans la rue quand elle prend des capotes gratuites au dispensaire.

 

(…) Nous sommes celle qui dénonce que la voisine se fait frapper par son mari.

Nous sommes amour, pardon, patience, douceur, forteresse. Nous sommes l’espoir.

Nous sommes Nous, femmes de la périphérie !

(traduit du site Nos, mulheres da periferia : le texte complet ici.)

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Insoumises_Anacaona_Carré
Je suis encore favela_Anacaona

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