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Du bétail et des hommes

15.00

Le portrait de travailleurs de l’ombre dans une écriture clinique et dépouillée.
Roman brésilien

Auteur : Ana Paula Maia

eBook bientôt disponible

Qté

Tant qu’il y aura une vache dans ce monde, il y aura quelqu’un pour la tuer. Et quelqu’un pour la manger.

Résumé

Edgar Wilson, personnage récurrent de l’univers d’Ana Paula Maia (nous avions fait sa connaissance dans Charbon animal) est maintenant abatteur de bœufs – plus précisément, assommeur.  Edgar Wilson aime le travail bien fait : il recommande l’âme de chaque animal à Dieu avant de l’assommer, d’un seul coup.

On pourrait le croire insensible au sort des bœufs – mais il tue froidement un homme qui faisait souffrir les animaux avant de les tuer. Car Edgar Wilson est un tueur avec une éthique.

Mais tout le monde n’est pas tueur – ce sont des hommes de la trempe d’Edgar Wilson qui en sont capables. Des hommes de bétail et de sang.

Néanmoins, dans l’abattoir, des événements étranges se passent. Des vaches meurent de façon inexpliquée. Y a-t-il des voleurs de vaches dans la région ? Une malédiction ? Ces hommes analphabètes vont mener l’enquête, avec les moyens du bord.

Dans la droite ligne de Charbon animal, Du bétail et des hommes présente un environnement masculin, de travailleurs pauvres, analphabètes, avares de mots, enfermés dans une vallée grise et encaissée, dont ils ne sortent quasiment jamais.

Auteure

écrivain brésilien Ana Paula Maia

La filiation de Du bétail et des hommes avec Des souris et des hommes, de Steinbeck, est évidente. Edgar Wilson pourrait être le pendant brésilien de Lennie Small, « ce doux colosse innocent aux mains dangereuses ».

L’écriture de Maia ressemble à celle de Steinbeck, froide, monocorde, exprimant ainsi toute la misère et la solitude humaines. Comme Steinbeck décrivant le ranch de Soledad, Maia aussi décrit l’abattoir et la ferme avec une grande précision  – on imagine tout à fait la vallée du Rio das Moscas –, avec une objectivité presque clinique, sans sentiments.

Ouvertement réaliste et naturaliste, avec une écriture dépouillée frôlant l’absurde, Ana Paula fait preuve d’une grande constance thématique et scénique. Son projet littéraire est simple (décrire la vie des « Brutes », son univers toujours le même (des travailleurs simples prisonniers de leur profession, un environnement détruit). Elle continue à se demander ce qui définit un homme – sa profession, sa place dans le processus de production – et à s’interroger sur l’impunité de chaque être.

3 reviews for Du bétail et des hommes

  1. 5 sur 5

    J’ai lu en deux heures de TGV « Du bétail et des Hommes » d’Ana Paula Maia. C’est un livre formidable. Quelle maturité pour une auteure encore jeune. Incroyable ! J’ai parcouru les trois premières lignes et je me suis retrouvé à la dernière page sans avoir lancé un seul regard au paysage. Complètement happé par le caractère des personnages, le contenu subliminale derrière la façade de ce western universel d’où personne ne ressort innocent. Oui, l’ombre de Steinbeck plane sur les épaules très solides d’Ana Paula Maia. Dites lui la fascination que m’a procurée son livre. Ma femme, Viviane, est en train de boucler les dernières pages avec la même jubilation.
    Bon chemin !

  2. 4 sur 5

    On retrouve dans du bétail et des hommes le même Edgar Wilson que dans Charbon animal. Après avoir quitté son travail à la mine, il est en effet devenu abatteur de boeufs. Bizarrement, l’abattoir dans lequel il travaille souffre de disparitions mystérieuses. Les vaches se volatilisent de manière incompréhensible et le coupable semble impossible à démasquer. Phénomène surnaturel ? Vol de trafiquants ? Prédateur animal ? Accompagné de ses collègues, Edgar Wilson va mener l’enquête à sa façon : en se fiant plus à son instinct qu’à la raison.
    Comme dans Charbon Animal, l’écriture d’Ana Paula Maia est dépouillée, réaliste, quasiment clinique. Si l’environnement et les personnages qu’elle décrit sont soumis à la violence, cela ne nous empêche pas de trouver beaucoup de sensibilité dans ces quelques pages, car Edgar Wilson est tout sauf une brute insensible : il est le premier à souffrir de son statut de meurtrier, “Quotidiennement, c’est lui qu’il voit quand il tue – car il a appris à avoir sous la membrane qui recouvre l’oeil de l’animal.”, et ne manque pas de recommander l’âme des vaches à Dieu avant de les assommer. A l’image de la force des coups d’Edgar Wilson, la puissance qui se dégage de ce texte est quasiment paralysante. Ana Paula Maia a décidément a le don de nous pousser dans nos derniers retranchements et de nous mettre à l’épreuve à travers des personnages masculins étonnants et sincères. Leur travail est une fois de plus au coeur du récit et les marque du sceau de la fatalité : “Il faut bien que quelqu’un fasse le sale travail. le sale travail des autres. Personne ne veut faire ce genre de choses. C’est pour cela que Dieu met au monde des gens comme toi et moi.” On ressort de cette lecture transformé par l’humanité inattendue de ces personnages et surpris de ce dénouement inattendu.

    Critique postée sur Babelio en Juin 2015

  3. 4 sur 5

    J’ai beaucoup aimé Du bétail et des hommes.
    Il me semble qu’il faut se sortir de la tête qu’il s’agit de « littérature brésilienne », comme si seule la provenance pouvait avoir de l’importance. C’est ce qu’ils sont, certes, des textes de littérature brésilienne. mais il s’agit avant tout de littérature, de la belle, de celle qui mérite d’être lue. Du Bétail et des hommes est vraiment un texte très fort.

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