Les féminismes d’Abya Yala

Dans ce nouvel épisode de la saison 2 du podcast, j’ai reçu Jules Falquet – incontournable dès que l’on parle des féminismes d’Abya Yala ! Elle est professeure de philosophie à Paris 8 St Denis, et s’intéresse aux féminismes en Amérique centrale et du Sud depuis… 1989 ! Autant dire qu’elle a roulé sa bosse – ces femmes-là sont précieuses !

L’Amérique latine serait une région exotique pleine de ferveur révolutionnaire, bien sympathique mais subalterne et finalement peu propice à la montée en généralité théorique, ce qui la conduirait dans l’arrière-cour des maîtres du monde… !!! C’est ce que dit avec humour et un brin de cynisme Jules Falquet, dans son essai Imbrication : Femmes, race et classe dans les mouvements sociaux, publié aux éditions du Croquant.
Je me suis bien reconnue dans cette injustice épistémologique, cette colonialité du savoir, qui reste encore majoritairement aux mains de l’Europe et des États-Unis – colonialité dont nous avions parlé dans un épisode précédent du podcast avec Lissell Quiroz.
Autant vous dire que j’étais absolument ravie de lire et découvrir l’agentivité des femmes sud-américaines, dans la théorie et la pratique.
Dans cet essai, Jules parle des femmes révolutionnaires salvadoriennes, des femmes autochtones zapatistes, du Combahee River collective aux États-Unis… Elle dresse un panorama des féminismes lesbiens, noirs, caribéens, latino-américains, autonomes, communautaires, populaires ou décoloniaux sur les trois/quatre dernières décennies. Autant vous dire que c’est passionnant ! C’est pour cela que j’ai donc invité Jules aujourd’hui à nous en parler, en se focalisant sur le Brésil bien sûr.

Je vous mets ci-dessous une partie des nombreuses références que Jules mentionne, avec une grande générosité ❤

Vous pouvez écouter l’épisode ici ou sur les plateformes habituelles Apple, Youtube ou Spotify par exemple, sous Editions Anacaona – et n’hésitez pas à laisser une évaluation!

Les références :

Collectif, Pensée féministe décoloniale. Éditions Anacaona, 2022. Vous y retrouverez Lélia Gonzalez, Sueli Carneiro, Ochy Curiel, Aura Cumes.
Yasnaya Aguilar, Nous sans l’État. Éditions ici-bas, 2022. (Une belle réflexion sur les résistances aux États Nations.)
« Féminismes dissidents en Amérique latine et aux Caraïbes », Nouvelles Questions Féministes, 2005/2 (Vol.24).
« Intersectionnalité et décolonialité », Les cahiers du CEDREF, 2015 (vol. 20)
« Théories féministes et queers décoloniales », Les cahiers du CEDREF, 2011 (vol. 18)
« Corps-territoire et territoire-Terre : le féminisme communautaire au Guatemala. Entretien avec Lorena Cabnal », Cahiers du Genre 2015/2 (n° 59).
« Généalogies du féminisme décolonial. En femmage à María Lugones », Multitudes 2021/3 (n° 84).
« Femmes autochtones en mouvement : fragments de décolonisation », Recherches féministes, Vol. 30, no 1, 2017.
« Genre, violences, mémoires. Perspectives féministes latino-américaines », Les Cahiers du CEDREF, vol. 25, 2022.
« Le lesbianisme Noir au Brésil », Nouvelles Questions Féministes 2002/1 (Vol. 21)

Le visuel de l’épisode est inspiré du Colectiva Feminista de Abya Yala, Dresden, Allemagne

 

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