Ana Paula Maia, auteure brésilienne : des hommes et des anti-héros

© marcelo correa

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Ana Paula Maia est née à Rio de Janeiro en 1977. Elle publie son premier recueil de nouvelles en 2003. Elle se lance ensuite dans l’écriture de ce qu’elle appelle La Saga des Brutes. 

En France, ses deux romans sont publiés aux éditions Anacaona : Charbon animal, le destin croisé de 3 hommes réunis par des professions autour du feu, et Du bétail et des hommes, qui retrace le quotidien dans un abattoir.

[quote]Insolite et provocante, Ana Paula Maia écrit sur ce que personne ne veut voir. Ce sur quoi nous avons l’habitude de fermer les yeux, dans une tentative d’adoucir la réalité. [/quote]


« Impossible d’échapper à cette femme. Elle lit Dostoïevski et recrache Tarantino » 
(Rolling Stone Brasil)

 « Ana Paula Maia écrit comme une vétéran, mais avec la force d’une débutante » (Cult)

 « Ana Paula Maia parle d’hommes qui vont au front ou vivent dans le sous-emploi. Maniant un style osé et cru, elle semble avoir vécu parmi eux, tellement elle réussit à dresser le portrait de l’âme masculine » (Revue Claudia)

« Maia, dont le style s’inspire de la littérature pulp, est l’une des écrivains émergentes les plus intéressantes de ces dernières années » (Folha de São Paulo)

Dans tous ses livres, Ana Paula Maia explore comment le caractère de l’être humain peut être façonné par le travail qu’il exécute. Elle fait le portrait d’hommes dont la profession engendre le mépris – ces hommes de l’ombre, invisibles dans l’ordre social : travailleurs en abattoir, éboueurs, déboucheurs d’égouts, ouvriers au marteau-piqueur… « Comment un homme supporte-t-il de faire cela ? Qui est cet homme ? » s’interroge Ana Paula.

Travailleurs en marge, prisonniers dans l’ambiguïté de leurs emplois… Des hommes dont on ne parle jamais, mais indispensables.

Dans un style brut et sans fioritures, Ana Paula Maia les décrit. Elle extrait, de chacun, ses qualités les plus humaines. Subvertit une attitude condamnable en action rédemptrice. Il n’y a aucune lumière dans cet héroïsme – mais il n’y a pas de ténèbres non plus.

Les livres d’Ana Paula Maia sont le fruit d’enquêtes minutieuses (qui peuvent prendre des mois) sur le quotidien désespéré des autres. L’auteure s’inspire toujours d’un fait réel pour ses histoires. « Je n’aime pas inventer » reconnaît-elle. Ses descriptions sont d’un réalisme déconcertant.  (« Quand un corps brûle, les extrémités se contorsionnent et se recroquevillent »).

Ses personnages sont invariablement masculins – elle a déjà essayé d’écrire du point de vue féminin : un échec. « L’univers féminin, en étant mon univers habituel, quotidien, ne génère en moi aucun intérêt pour le défricher. J’aime l’autre dans la fiction, dans la recherche. Et l’autre passe par un autre genre, c’est-à-dire le masculin. L’homme fort, qui porte des sacs de ving kilos, qui défonce des portes à la hache. J’explore un territoire qui n’est pas mien, que la littérature me permet d’approcher et de comprendre. »

 

Retrouvez les articles de blogs en rapport avec Ana Paula Maia, son actualité, ses sorties, etc. en cliquant ici.

Retrouvez toutes les dates pour la rencontrer lors de son séjour en France en mars 2015.

Bibliographie :

Du bétail et des hommes, éditions Anacaona, 2015.

Charbon animal, éditions Anacaona, 2013.

 

Lisez le premier chapitre de Charbon animal en cliquant ici

Retrouvez également Ana Paula Maia dans Je suis toujours favela, avec sa nouvelle : “Cimetière clandestin”. 

La bloggeuse Ana Paula reprend du service : son prochain roman, Desalma, sera divisé en 7 chapitres et publié en ligne chaque semaine. L’histoire : Celle du jeune Carnicara qui, après avoir vengé la mort de sa famille, devient tueur à gages. Il utilise un déguisement particulier qui le rend quasiment intouchable. Il va parcourir les coins sombres du Brésil pour accomplir ses (ou sa?) mission(s)…C’est en VO….  http://desalmafolhetim.blogspot.com.br/.

 

 

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