Lula, Dilma : 10 ans de pouvoir

Lula, Dilma : 10 ans de pouvoir

Fanny Vrydagh et Paula Anacaona

 

Que ce soit dans les articles d’économie ou de politique internationale, au cinéma, à la radio, dans le sport, le Brésil est partout. Le Brésil traverse-t-il une phase de changements décisive, à long terme, pour ses institutions politiques et son développement social ? Revenons sur quelques politiques sociales mises en place par le pouvoir au cours de ces dix dernières années.

Les récentes actions politico-sociales, en bref

Le gouvernement du Parti des travailleurs (2003-…)

Le PT est porté au pouvoir en 2003, avec l’élection à la présidence de Luiz Ignacio da Silva, surnommé Lula. De par son origine humble et son passé syndical, l’élection de Lula était un symbole immense pour le peuple brésilien. Lors de son élection, un vent d’euphorie marqué par l’espoir d’un Brésil meilleur, plus équitable, a envahi le pays – à l’opposé de l’appréhension du secteur financier, des élites brésiliennes et des organismes internationaux qui voyaient d’un mauvais œil la gauche prendre les rênes de ce pays « émergent ». Deux mandats plus tard, quel bilan peut-on dresser ?

D’un point de vue financier, Lula a mis en œuvre des politiques macro-économiques favorables aux secteurs industriel et financier. Les engagements internationaux ont été respectés, la dette envers le FMI a été soldée anticipativement (joli coup de publicité !), l’augmentation de la dette publique a été maîtrisée et l’inflation a été jugulée. Il faut reconnaitre que d’autres facteurs exogènes ont joué en sa faveur, notamment l’excellente conjoncture économique du début du XXIe siècle.

Lula avait formé son gouvernement avec les écologistes, représentés par Marina Silva, ministre du développement. Opposée à la construction du barrage de Belo Monte en Amazonie[1], celle-ci démissionne en 2008. Par ailleurs, les promesses de réforme agraire inscrites au programme du PT sont restées, pour la plupart, lettres mortes face au puissant lobby agro-industriel.[2]

Malgré ces concessions aux marchés financiers, Lula tient quand même une partie de ses promesses de campagne en centralisant divers programmes d’aide sociale (déjà mis en place par son prédécesseur le président Cardoso) sous un seul ministère et un seul nom : le Fome Zero[3], dont le programme emblématique est le Bolsa família. Ce sera la grande réalisation politique de ses deux mandats.

« Il n’y a rien de moins cher que de s’occuper des pauvres » (Lula)

 

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[1] Ce barrage doit fournir 10% de l’électricité nationale. Ses détracteurs lui opposent son coût écologique et humain élevé.

[2] Le Mouvement des sans-terre (MST) lutte pour la réforme agraire (relogement des familles, redistribution des terres entre grands propriétaires terriens et petits paysans).

[3] Littéralement, « Faim zéro » : nom donné au début du mandat de Lula au projet de réorganisation des programmes sociaux fédéraux.

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